Mycoses et vaginites : la réponse homéopathique

L’homéopathie pour soulager les récidives d’inconfort vulvo-vaginal

Nombreuses sont les patientes qui souffrent d’un inconfort vulvo-vaginal, se traduisant par des démangeaisons, des brûlures, des rougeurs, des pertes gênantes. La cause peut être une simple irritation, une vaginose bactérienne, une mycose, beaucoup plus rarement une infection gynécologique grave.

Le traitement de la première crise est en général aisé, consistant en une application de crème ou d’ovules, mais les récidives sont fréquentes ; le rôle de l’homéopathe est de préciser la cause des récidives et de modifier le terrain par des conseils d’hygiène et des prescriptions de médicaments homéopathiques adaptés.

Nous aborderons ici uniquement la prise en charge des mycoses et des vaginoses bactériennes à répétition.

Pourquoi surviennent ces mycoses et vaginoses ?

Le vagin est un organe non stérile qui abrite des milliards de bactéries constituant la flore vaginale normale, en particulier des bacilles lactiques ou bacilles de Doderlein. Son potentiel hydrogène est acide. Tout déséquilibre – modification du pH vaginal par certains savons, problème hormonal, prises d’[antibiotiques]["antibiotique"], grossesse, pilule… – va contribuer à la prolifération de germes normaux mais dont la supériorité en nombre, par rapport à la flore normale, va créer les symptômes : citons les champignons (Candida albicans ou non albicans) responsables de mycoses, les bactéries streptocoques, staphylocoques, Gardnerella, Escherichia coli, klebsielles, mycoplasmes, Ureaplasma urealyticum…), agents des vaginoses bactériennes (anciennement appelées vaginites aspécifiques)… Le tabac et le stress sont des facteurs de modification de l’immunité vaginale et, à ce titre, peuvent entretenir un déséquilibre de la flore vaginale.

Comment poser un diagnostic de vaginite mycosique ou de vaginose bactérienne à répétition ?

Il s’agit de la répétition fréquente de symptômes vulvo-vaginaux gênant la vie quotidienne, la vie sexuelle et nécessitant une prise en charge. Toute récidive de symptômes impose un examen médical. Le diagnostic est avant tout clinique ; l’interrogatoire précise les symptômes. Des pertes blanches, démangeaisons et rougeur vaginale sont très évocatrices d’une mycose. Des pertes odorantes (odeur de poisson, d’oeuf pourri), épaisses, sans démangeaison, font penser à la présence de Gardnerella vaginalis.

Les diagnostics différentiels des mycoses peuvent être un eczéma, un psoriasis, c’est-à-dire des maladies de peau, une simple irritation de contact ou une véritable allergie (protèges slips, papier toilette, crèmes dépilatoires, beaucoup plus rarement latex des préservatifs ou sperme). La présence de douleurs au bassin, de fièvre nous alerte sur le risque d’infection de l’utérus (endométrite) ou des trompes de Fallope (salpingite) et doit imposer des examens complémentaires à la recherche de bactéries dangereuses, en particulier Chlamydiae trachomatis, qui doit être traitée par antibiotiques.

Le prélèvement vaginal est nécessaire en cas de récidive ou de doute diagnostique, car il n’est pas rare de trouver plusieurs germes ; il permet aussi de juger de la qualité de la bonne flore vaginale et de vérifier l’absence de germes plus dangereux.

Comment prendre en charge ces mycoses ou vaginoses bactériennes ?

Les consignes d’hygiène

Ne pas utiliser de savons détergents]. L’utilisation de savons liquides « spéciaux hygiène intime » est possible mais non obligatoire et certainement pas répétée plusieurs fois par jour. Privilégier des savons à pH neutre. Proscrire tout produit non prévu pour la vulve (gels douche), ainsi que les douches vaginales.  Eviter les épilations complètes, qui suppriment la protection physiologique des vulves du vagin.
Choisir des sous-vêtements adaptés : pas de strings, culottes en coton.
Limiter les bains en piscine : le chlore détruit la flore vaginale normale.
Proscrire, sauf nécessité extrême, les antibiotiques (qui décapent aussi la flore vaginale).
Ne traiter le partenaire qu’en cas de symptômes au niveau du pénis (rougeurs, brûlures, démangeaisons).

Les traitements probiotiques

Ils sont particulièrement indiqués dans les problèmes vaginaux récidivants. Les probiotiques sont « des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont consommés en quantité suffisante, améliorent la santé de l’hôte » définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; ces probiotiques stimulent l’immunité, neutralisent les substances toxiques. En gynécologie, les principaux probiotiques vaginaux sont les lactobacilles : L. casei, L. acidophilus, L. rhamnosus, et L. bifidus. Ces probiotiques sont commercialisés sous forme d’ovules, de tampons imprégnés à placer pendant les règles ou de comprimés à avaler.

Les traitements allopathiques

En cas de mycose récidivante, les traitements allopathiques consistent en l’application répétée tous les mois de crème et d’ovules antimycosiques. En cas d’intolérance à ces produits, un traitement par la bouche est possible.  Ces médicaments ne doivent jamais être absorbés en même temps qu’une boisson alcoolisée, sous peine de provoquer des douleurs digestives.

La démarche homéopathique dans la prise en charge des mycoses et vaginites à répétition

Elle présente un double intérêt : l’efficacité au long cours et le respect de la flore vaginale. L’objectif est de rééquilibrer la flore vaginale de façon durable : pour cela, il faut identifier la cause du déséquilibre et la prendre en charge. Trouver la cause du déséquilibre ; outre les facteurs de déséquilibre cités précédemment, il n’est pas rare d’identifier dans ces vaginites à répétition une problématique sexuelle (rapports non désirés par exemple, situation conjugale non satisfaisante).

La démarche homéopathique, qui donne une grande importance à l’écoute, permet aux patientes de livrer des informations très personnelles. Enfin, il existe des terrains prédisposés que nous décrirons plus loin. Eliminer les facteurs de risque par des conseils adaptés, prescrire des probiotiques pour réensemencer la flore vaginale. Traiter les patientes par des médicaments homéopathiques.

Les mycoses et vaginoses bactériennes à répétition sont bénignes mais peuvent entraîner des symptômes gênants. Les médicaments homéopathiques respectent la flore vaginale et permettent d’individualiser le traitement en identifiant le terrain de la patiente. Tous les traitements doivent être accompagnés d’explications sur la cause de ces affections et de conseils d’hygiène de vie. La patiente est ainsi actrice de sa santé. 

Dr Christelle Charvet, gynéco-obstétricienne et homéopathe

Haut de page