Les trois types de prévention

La prévention vise à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies ou des accidents. Les conseils de prévention des maladies cardiovasculaires ou l’arthrose s’appliquent aussi à la maladie d’Alzheimer, associés à des activités stimulantes.

La prévention, une nouvelle médecine ?

En 2006 à Tu?bingen, lors du centenaire de la première description de la maladie d’Alzheimer, une chercheuse a proclamé : « Il n’y a pas d’héroïsme dans la prévention ! ». Il est vrai qu’on sera toujours reconnaissant à son médecin de nous avoir guéri d’une bronchite ou d’un ulcère, mais jamais d’avoir empêché l'apparition d’une maladie par ses conseils, puisqu’on ne saura jamais qu’on a évité cette maladie ! Et pourtant, la prévention doit s’imposer pour nous aider à conserver une bonne santé, car la prévention consiste à éviter les maladies avant leur survenue ou l’apparition de leurs conséquences graves. C’est donc un enjeu majeur de la santé.

Préventions primaires, secondaires, tertiaires

  • La prévention primaire consiste à éviter les accidents et les maladies. Les vaccinations et le respect des règles élémentaires d’hygiène ont tout d’abord été déterminants contre la mortalité. Le développement d’une information de qualité a aussi joué un rôle majeur, grâce à de grandes campagnes d’information sur le tabac et les drogues, les accidents de la route, les cancers, le sida, les maladies cardio-vasculaires… Ces cinquante dernières années ont ainsi vu l'espérance de vie s'allonger avec une amélioration spectaculaire de la qualité de vie.

  • La prévention secondaire consiste à dépister les maladies ou leurs premiers signes, afin de pouvoir les stopper. A côté de l’information auprès des populations à risque sont proposées des campagnes de dépistage : mesure de la pression artérielle, prises de sang, examens complémentaires (mammographie, coloscopie…). La prévention secondaire a un coût important, et on ne peut pas dépister toutes les maladies chez tout le monde. Il est donc nécessaire de sensibiliser les personnes ayant une hérédité ou des conduites à risque.

  • L’objet de la prévention tertiaire est de prévenir les complications des maladies ou d’éviter leurs rechutes. Elle repose sur la mise place d'une surveillance et de dépistage chez des personnes qui ont déjà eu certaines maladies.

Les bénéfices humains et économiques de la prévention sont évidents. Malheureusement, les réticences aux actions de prévention sont nombreuses car, psychologiquement, envisager de se surveiller c’est déjà se considérer comme malade ! Enfin, pour certains, la prévention gâche les plaisirs de l’existence.

Basé sur l'article de :
Dr Bernard Croisile

Paru dans Mutuelle & Santé n° 68

Télécharger l'article original au format pdf

Haut de page