Allier les médecines classique et naturelles pour garder sa vitalité

Quand a-t-on recourt à la médecine complémentaire ? Quelles sont les différences ? Petit point sur les types de médecines par les plantes et leurs utilisations.

L’ÉTAT DE LA MÉDECINE INTÉGRATIVE DANS LE MONDE ET CONSEILS DE BASE

Le jeudi 29 mai 1997 fut pour l’Europe un grand jour : le Parlement européen vota une résolution (A4-758/97) pour un statut des médecines non conventionnelles, sous l’influence du député européen Paul Lannoye (député belge), en faveur de plusieurs médecines non conventionnelles : chiropraxie et ostéopathie ; homéopathie et médecine anthroposophique, médecine traditionnelle chinoise dont acupuncture et shiatsu ; phytothérapie et herboristerie ; naturopathie et médecines naturelles. Cette directive a permis de mettre sur le marché français des dizaines de milliers de compléments alimentaires (la plupart à base de plantes) et de favoriser la complémentarité des médecines dans l’Europe entière, par exemple : chiropraxie et ostéopathie en cas de lumbago et luxation de l’épaule, homéopathie en pédiatrie, médecine anthroposophique dans la sclérose en plaques et l’accompagnement de cancers, médecine traditionnelle chinoise, dont acupuncture et shiatsu : revitalisation, névralgie ou anesthésie, phytothérapie et naturopathie dans les troubles digestifs ou du sommeil. L’OMS, selon son rapport de 2013 sur la médecine traditionnelle pour 2014-2023, souhaite aider les responsables de la santé à développer des solutions qui participent d’une vision plus large favorisant l’amélioration de la santé et l’autonomie des patients. En Allemagne, la phytothérapie fait partie intégrante du programme de formation des médecins. Tous les étudiants allemands assistent à des cours, à des conférences et à quatre sessions d'une semaine portant sur cette discipline, ce qui comprend, entre autres choses, les études scientifiques sur les plantes et les monographies de la Commission E du ministère de la Santé allemand, chargée de la phytothérapie. De nombreux pays ont leurs propres formes de soins traditionnels ou indigènes, qui sont profondément ancrés dans leur culture et leur histoire.

Quand recourt-on à la médecine traditionnelle et complémentaire (MT/MC) selon l’OMS ?

En France, les troubles musculo-squelettiques chroniques ont motivé une plus forte proportion de consultations de médecins proposant des solutions autres que la médecine conventionnelle : phyto-aromathérapie, homéopathie, naturopathie, ostéopathie, chiropraxie… De très nombreux patients souffrant d’une sclérose en plaques font usage de traitements de la médecine complémentaire et parallèle (MCP) : le taux d’utilisation va de 41 % en Espagne à 70 % au Canada et à 82 % en Australie. En Chine, d’après les données du suivi national des services de MT/MC, les cinq premiers problèmes de santé qui ont donné lieu en 2008 à une admission dans un hôpital de MT étaient l’accident vasculaire cérébral (AVC), le déplacement d’un disque intervertébral, les hémorroïdes, les cardiopathies ischémiques et l’hypertension essentielle. En république de Corée, les principaux problèmes de santé ayant motivé une admission dans un hôpital de médecine coréenne en 2011 étaient les troubles osseux, articulaires ou musculaires, la dyspepsie, l’ostéo-arthrite du genou et les troubles nerveux de la face. En résumé, la complémentarité des deux médecines est plébiscitée dans les affections chroniques, les affections digestives, les troubles osseux, articulaires ou musculaires, les problèmes de sommeil, les angoisses et la dépression, les névralgies, la sclérose en plaques, les hémorroïdes et l’hypertension, la prévention des affections cardiovasculaires. Sur le plan économique, toujours selon l’OMS, un essai randomisé contrôlé a comporté une évaluation économique de la physiothérapie, de la thérapie manuelle et des soins de médecine généraliste pour des douleurs cervicales. Il a montré que le coût total de la thérapie manuelle (447 euros) équivalait à environ un tiers de celui de la physiothérapie (1 297 euros) et de la médecine généraliste (1 379 euros).

Quelles sont les différentes médecines par les plantes ?

  • Herboristerie en vrac (tisanes, macérations, décoctions).
  • Phytothérapie moderne en gélules, patchs, extraits fluides (forme très concentrée et efficace).
  • Aromathérapie (huiles essentielles obtenues par distillation de plantes aromatiques, efficaces dans les brûlures, plaies, cicatrisation, comme antivirales, antimicrobiennes, antiparasitaires, mais pouvant être facilement toxiques en dépassant les doses conseillées).
  • Gemmothérapie (macération de bourgeons de plantes, très intéressante pour les enfants car elle ne présente aucune toxicité).
  • Médecines par les plantes diluées ou dynamisées : homéopathie, médecine anthroposophique et Fleurs de Bach.

Que deviennent la phytothérapie et l’herboristerie en France et en Europe ?

Depuis le 11 septembre 1941, un décret du gouvernement de Vichy prévoit que seuls les herboristes diplômés avant cette date et les pharmaciens peuvent gérer une herboristerie en France. Mais, depuis 2008, sont à nouveau en vente libre 148 plantes médicinales, suite au décret 2008-841, ainsi que la quasi-totalité des huiles essentielles. A la suite de décisions de la France en 2008 et 2014, sont en vente libre en 2015 cinq catégories de substances. Un magasin bio ou de produits naturels qui vend ces 5 catégories de produits naturels à base de plantes peut proposer et conseiller infiniment plus qu’un herboriste avant 1941 : il y a donc un net progrès. La situation en France (et en Europe) est donc plutôt bonne en 2015, mais à condition que le vendeur soit compétent et soit formé par une école de phyto-aromathérapie de bon niveau, type école Plantasanté (en général 2 à 3 années d’études).

Les grands préceptes des médecines naturelles en Europe

Hippocrate (460-370 av. J.-C.), fondateur de la médecine actuelle, basée sur l’expérience et sur les ressources naturelles en médicaments, prônait en premier lieu une alimentation saine : « Que ton aliment soit ton premier médicament. » La naturopathie et le vaste mouvement des Heilpraktiker en Europe centrale, comme toutes ces orientations vers une médecine plus naturelle, plus “verte” cherchent à appliquer les lois de la vie pour permettre à l’organisme de retrouver sa forme, son énergie vitale et optimiser la santé par des moyens naturels. L’utilisation de moyens naturels s'est développée en Europe selon plusieurs grands axes. Le praticien de médecine naturelle, s’appuyant sur le diagnostic médical établit d’abord un bilan de santé, par exemple sur les fonctions digestives, les conseils nutritionnels et micronutritionnels ou sur l’entrée dans le sommeil. Il favorisera souvent les cures d’élimination vers les organes constituant des “portes de sortie” naturelles de l’organisme (reins et vessie ; foie et gros intestin...). Puis, selon les difficultés rencontrées, il donnera des conseils précis de nutrition et de diététique, et conseillera des exercices physiques et sur la posture, ou un travail sur les zones réflexes, par des massages ; il insistera aussi sur des exercices physiques prolongeant les interventions de kinésithérapie, d’ostéopathie ou de chiropraxie pour en augmenter l’efficacité. Il proposera, selon les besoins, des méthodes psychothérapiques permettant de réduire le stress et de mieux gérer les émotions. Parmi les moyens naturels on trouvera la phyto-aromathérapie avec les plantes, huiles essentielles et compléments alimentaires, la réflexologie au sens large (acupressure, réflexologie des pieds et des mains, points de Knap...), les Fleurs de Bach, l’homéopathie, l’hydrologie avec ses eaux minérales, la thalassothérapie et le thermalisme, et tout simplement la nature avec la vie au grand air, les bains de soleil courts, l’utilisation des argiles. Les médecines complémentaires regardent l’homme à travers une vision holistique, c’est-à-dire qu’elles appréhendent l’individu dans sa globalité physique, émotionnelle, psychique, énergétique, environnementale. L’efficacité et la cohérence de l’ensemble dans les maladies chroniques dépendront beaucoup de l’action sur ces 3 facteurs clés de la vie et de la longévité que sont l’alimentation saine, l’exercice physique et le travail sur les émotions, la pensée positive et le sens de la vie : suis-je accord avec mes pensées et mes souhaits pour la vie ?

En conclusion, aujourd’hui en 2015, ces médecines non conventionnelles interpellent aussi bien le patient que les services hospitaliers, qui commencent à en intégrer certaines: phytothérapie, acupuncture, homéopathie, ostéopathie... La médecine classique et les médecines non conventionnelles se complètent à merveille, et il est temps que les praticiens de ces deux modes d’exercice travaillent ensemble. En médecine de ville, bien des patients consultent un médecin et rencontrent en complément un thérapeute non-médecin qui lui apportera une meilleure qualité de vie et souvent une amélioration de ses symptômes.

Article original de :
Dr Christian Busser

Paru dans Mutuelle & Santé n° 87

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