L’homéopathie, soin de support en oncologie

Le rôle des médecines complémentaires, en particulier l’homéopathie, dans l’accompagnement des patients pris en charge pour un cancer.

Une étude réalisée en 2007 dans un service de cancérologie français a montré que plus du tiers des patients pris en charge pour un cancer avaient recours à des médecines complémentaires

D’après cette même étude, 42% d’entre eux suivaient un traitement homéopathique. Leur motivation était, dans les deux tiers des cas, de soulager les effets des traitements conventionnels. Il est à noter que, dans cette enquête, plus de la moitié des patients n’osaient pas mentionner ces traitements à leur cancérologue.

Par ailleurs, 92 % des patients trouvent qu’ils n’ont pas été assez informés de la possibilité de recourir à des médecines complémentaires. Cette étude ne fait que confirmer une tendance, déjà relevée dans les pays étrangers, qui s’est trouvée renforcée par le contenu du Plan cancer 2003-2007, qui met en avant l’impératif de privilégier la qualité de vie.

La place de l’homéopathie dans le Plan cancer

Le Plan cancer 2003-2007 est un plan de mobilisation nationale contre le cancer. Il comporte 6 chapitres : prévenir, dépister, soigner, accompagner, enseigner, comprendre et découvrir. Les médecines complémentaires trouvent leur place dans la prévention et l’accompagnement des soins de ces pathologies lourdes.

L’homéopathie au service de la prévention

L’homéopathe, en interrogeant le patient, va chercher comment fonctionne ce patient ; il va intégrer sa morphologie, son comportement, ses antécédents médico-chirurgicaux personnels et familiaux, la pathologie en cours pour déterminer son terrain et choisir le médicament le plus adapté à ses symptômes. L’identification de ce terrain permet d’expliquer au patient comment modifier ses conditions de vie pour prévenir d’autres maladies, par exemple métaboliques ou cardio-vasculaires.

INFORMER SON MÉDECIN TRAITANT Lorsque l’on s’adresse en parallèle à un médecin homéopathe, il est important de dire à son oncologue quels traitements complémentaires ont été prescrits ; cela lui permettra de vérifier l’absence d’interactions médicamenteuses – qui n’existent pas avec l’homéopathie mais qui peuvent se rencontrer avec la phytothérapie – et de se rendre compte, ensuite, du nombre de patients qui souhaitent bénéficier de ces traitements.

L’homéopathie dans l’accompagnement des soins

On peut lire, dans le chapitre « soins », les préconisations suivantes : « faire évoluer de façon volontariste l’organisation des soins autour du patient : donner accès de façon égale à l’information, à une prise en charge globale et personnalisée ». C’est ce que revendique la prise en charge homéopathique : on soigne un individu malade et pas la maladie. Il est aussi prévu de « donner l’accès à l’information pour que les patients qui le souhaitent puissent être acteurs de leur combat contre la maladie ».

La thérapeutique homéopathique individualisée répond parfaitement à ce critère : le patient suit le traitement au rythme de ses symptômes ; il doit pouvoir les préciser pour que le traitement soit adapté ; le médecin recueille les données, les analyse et établit une prescription. Le patient prend donc le contrôle de son traitement en adaptant son traitement à ses symptômes.

« Assurer aux patients un accompagnement global de la personne au-delà des protocoles techniques par le développement des soins complémentaires et des soins palliatifs ». La mesure 42 énonce qu’il faut accroître les possibilités pour les patients de bénéficier des soins de support, en particulier prise en compte de la douleur et soutien psychologique et social.

Les traitements homéopathiques qui peuvent atténuer certaines douleurs, en particulier inflammatoires, leur action sur les troubles du comportement comme l’angoisse, les troubles du sommeil s’intègrent parfaitement dans cet item.

Que viennent chercher les patients en utilisant l’homéopathie ?

Ils viennent chercher un traitement complémentaire qui :

  • diminue les effets secondaires des traitements conventionnels,
  • stimule l’organisme et sa capacité à guérir,
  • soit compatible et synergique avec la thérapeutique classique : 79 % des patients pensent que la combinaison des traitements conventionnels et complémentaires a une efficacité supérieure à l’utilisation d’une seule thérapeutique. Heureusement, très peu de patients pensent que les traitements complémentaires peuvent guérir à eux seuls le cancer, et le médecin doit toujours être vigilant pour s’assurer que le patient a bien compris que le traitement complémentaire restait un traitement d’accompagnement.

Pour en savoir plus

Dr Christelle Charvet, répond à 5 questions sur les soins de support en oncologie.

Article original de :
Dr Christelle Charvet

Paru dans Mutuelle & Santé n° 63

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