Les herpès

Description des herpès labiaux, génitaux et oculaires. La contamination peut rester asymptomatique, développer des symptômes classiques (démangeaisons, brûlures, inflammations) ou évoluer vers des formes plus graves. Des traitements homéopathiques et naturels sont indiqués pour soigner les crises.

L’herpès donne lieu à une lésion cutanéo-muqueuse d’origine virale, caractérisée par l’éruption de petites vésicules transparentes entourées d’une auréole rouge, en nombre variable, mais souvent groupées et toujours situées dans une zone bien localisée

L’affection est due au virus Herpes simplex  : HSV1, qui donne l’herpès péribuccal, et HSV2, responsable de l’herpès génital.

La primo-infection est souvent asymptomatique, mais elle peut revêtir des formes assez marquées, voire graves&nbsp: gingivostomatite aiguë, angine herpétique, kérato-conjonctivite aiguë, rhinite herpétique, vulvovaginite, méningite aseptique, syndrome de Kaposi.

Sur le plan clinique, dans les crises habituelles, l’éruption se fait sous forme d’une ou de plusieurs vésicules – en bouquet – évoluant vers la croûte. Le sujet éprouve des picotements ou des sensations de brûlure. Il y a une adénopathie satellite.

L’herpès se développe au moment des phases de faiblesse de l’organisme: exposition au soleil, fatigue, fièvre, coryza, émotions, stress, rapports sexuels, médicaments, aliments, règles.

Malheureusement, aucun traitement ne peut à l’heure actuelle prétendre guérir définitivement de l’herpès. Le traitement allopathique repose essentiellement sur les antiviraux par voie générale ou locale. L’homéopathie est efficace en profondeur. Elle utilise des remèdes d’action locale, en rapport avec l’aspect spécifique des lésions, et des remèdes d’action générale, traitant sur le terrain et prévenant les récidives.

Évolution et complications

L’évolution se fait par poussées – environ 3 ou 4 par an –, dont les symptômes sont en général moins importants que lors de l’infection initiale. Les principaux facteurs favorisant les poussées sont&nbsp: la fièvre, le stress, une exposition au soleil, les règles, la fatigue, la prise d’alcool… Le traitement peut raccourcir la durée des poussées et les espacer.

La principale complication – heureusement exceptionnelle – mais qui survient plus facilement chez les personnes dont les défenses de l’organisme sont diminuées (immunodépression&nbsp: sida, chimiothérapie pour cancer…) et chez les nouveau-nés, est l’atteinte du cerveau par le virus (encéphalite) qui peut être mortelle.

Fréquence

On estime que 80 à 90 % de la population est porteuse d’un des virus du HSV à l’état latent. Rassurez-vous, seulement 10 % des sujets sont victimes de récurrence, c’est-à-dire des retours de la maladie, au moment où leurs défenses immunitaires sont en baisse pour des raisons variées. Car il existe des facteurs déclenchant bien connus. À partir de là, le HSV provoque des lésions limitées qui vont devenir récidivantes (herpès récurrent). La majorité des personnes ne présente pas de signes lors de la première infection, toutes ont un risque de faire des poussées, avec ou sans symptômes, mais au cours desquelles elles risquent de transmettre l’infection. La contamination survient à l’adolescence ou à l’âge adulte. La transmission au nouveau-né concerne une grossesse sur 10 000.

Récidives

On ne peut pas se débarrasser de ce virus. Une fois dans l’organisme, il migre le long des nerfs et se réfugie à vie dans un ganglion nerveux au bas de la colonne vertébrale. L’excitation de la terminaison nerveuse sous l’effet de facteurs comme les règles, la fièvre, le soleil, le stress, la fatigue, les rapports sexuels… réactive le virus qui refait le trajet inverse et provoque des lésions dans la même région. Après la poussée, Il retourne dans son ganglion. Il est donc nécessaire de recourir aux huiles essentielles. Le virus Herpes simplex peut infecter trois organes selon le type de virus.

Herpès génital

Infection par le virus Herpes simplex le plus souvent de type 2 (HSV2), qui touche la partie inférieure du corps et notamment les organes génitaux. La contamination se fait par voie sexuelle à partir d’une personne infectée (maladie sexuellement transmissible) ou lors de l’accouchement, entre la mère et l’enfant. La contamination est importante pendant et autour des périodes de poussée. Ce qui rend cette infection problématique est la persistance du virus dans l’organisme après l’infection initiale et la survenue de poussées qui peuvent récidiver tout au long de la vie.

Signes et symptômes

L’infection initiale, appelée primoinfection, se manifeste par des douleurs spontanées intenses à type de brûlures, aggravées par le contact de l’urine. Il existe un gonflement des lèvres ou du gland, parsemé de petites vésicules qui s’érodent, se rejoignent et se transforment en ulcérations (petites plaies qui ne guérissent pas) jaunâtres ayant l’aspect d’aphtes.

Examens

Dans la majorité des cas, le simple examen des lésions suffit au diagnostic. En cas de doute, un prélèvement permet de détecter le virus, soit par examen direct au microscope, soit après mise en culture.

Précautions à prendre

En cas de lésions, les relations sexuelles et les câlins sont à proscrire, même avec préservatif. Pas de risques en dehors des poussées, à condition que leur fréquence soit faible. Dans le cas contraire, un traitement peut vous éviter de contaminer votre partenaire. Il est impératif d’en parler à son partenaire car vous pouvez être contagieux sans le savoir, et la réussite d’une relation est basée sur le respect et la confiance. Cela permet aussi de mieux vivre cette affection souvent culpabilisante et handicapante.

Herpès labial

L’herpès labial et le bouton de fièvre sont synonymes. Infection par le virus Herpes simplex, le plus souvent de type 1 (HSV1), qui touche en général la partie supérieure du corps, notamment les lèvres. 9 millions de Français seraient atteints d’herpès labial. La contamination se fait par contact direct avec la lésion ou avec des sécrétions (salive, sécrétions nasales). C’est, par exemple, la gingivostomatite herpétique (inflammation des gencives due à l’herpès) aiguë à HSV1. Elle peut se produire chez l’enfant de 6 mois à 4 ans, aux défenses immunitaires faibles. Les symptômes en sont un œdème et une hémorragie de la muqueuse buccale, et la fièvre. Malgré ces caractères impressionnants, l’évolution est favorable en une dizaine de jours.

Évolution 

  • Quelques jours avant la sortie du bouton de fièvre&nbsp: picotements, démangeaisons, sensations de brûlures, douleurs.

  • A l’apparition du bouton&nbsp: rougeurs, formation d’une ou de plusieurs petites cloques puis croûtes qui disparaissent au bout d’une dizaine de jours.

Ne grattez pas les zones atteintes par l’herpès, même si cela vous démange, car il s’étendrait encore plus rapidement.

Le virus de cet herpès touche environ 10 à 12 millions de personnes en France, et il est très contagieux, notamment au moment d’une poussée. Il se transmet par simple contact (un baiser suffit). En cas de crise, ne touchez, n’embrassez personne. Utilisez des serviettes de toilette personnelles. Ne buvez pas dans le verre de votre voisin. Bref, prenez toutes les précautions pour protéger vos proches.

L’évolution se fait par poussées (environ 3 ou 4 par an) dont les symptômes sont en général moins importants que lors de l’infection initiale. L’évolution se fait vers la guérison en 8 à 10 jours sans laisser de cicatrices. Le traitement peut raccourcir la durée des poussées et les espacer.

Les infections peuvent être particulièrement graves chez les personnes dont les défenses de l’organisme sont diminuées (immunodépression&nbsp: sida, chimiothérapie pour cancer…), avec une atteinte de la peau, des yeux et du cerveau.

Herpès oculaire

Ce type d’herpès représente une urgence. 10 millions de Français seraient porteurs de l’herpès, mais moins de 1 % développent l’herpès oculaire au cours de leur existence. C’est le virus de l’herpès labial qui se manifeste au niveau de l’œil.

L’infection initiale a lieu pendant l’enfance, par contact direct (peau, salive, larmes…). Le plus souvent, elle ne déclenche aucun symptôme. Le virus reste au repos, c’est la période de « latence » qui dure pour la plupart d’entre nous toute la vie. Mais l’infection peut se réactiver à diverses occasions&nbsp: fièvre, stress, exposition solaire, interventions chirurgicales s’il s’agit d’une souche particulièrement virulente. La cornée est le tissu oculaire le plus souvent touché par le virus.

Signes cliniques de l’herpès cornéen

Quatre signes peuvent y faire penser 

  • des rougeurs,

  • des larmoiements,

  • une gêne provoquée par la lumière,

  • une baisse de la vision. Une visite chez l’ophtalmologiste est alors nécessaire, car c’est lui qui, après examen de l’œil, ou plus rarement par prélèvement, pourra déterminer s’il s’agit bien d’un herpès.

Complications

Une minorité des herpès oculaires (moins de 5 %) doivent être suivis et traités tout au long de la vie. Il s’agit d’un problème sérieux car le risque de cécité unilatérale existe lorsque l’herpès touche la cornée (première cause de cécité unilatérale dans les pays industrialisés).

Pendant les poussées, il est préférable d’éviter le contact avec les personnes immunodéprimées, allergiques, les très jeunes enfants ou les femmes enceintes.

On évitera la piscine et le port de lentilles. Enfin, en toute occasion, on pensera à bien protéger ses yeux du soleil.

Article original de :
Dr Jean-Pierre Willem

Paru dans Mutuelle & Santé n° 71

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