Les pathologies de la thyroïde (2e partie)

Les maladies de la thyroïde sont nombreuses, qu’il s’agisse d’un manque d’hormones thyroïdiennes ou au contraire d’un excès. Cela peut générer un goitre ou des nodules, bénins ou cancéreux.

Les maladies qui affectent la thyroïde sont nombreuses, qu’il s’agisse d’un manque d’hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie) ou au contraire d’un excès de ces mêmes hormones (hyperthyroïdie). Cette glande endocrine, en grossissant anormalement, peut générer un goitre ; elle peut également être le siège de nodules, bénins ou cancéreux.

Le fonctionnement de la glande thyroïde influence chaque cellule de notre organisme, l’ensemble de nos systèmes et de nos fonctions, sur les plans physiologique, mental et émotionnel.

Hypothyroïdie

Le terme d’hypothyroïdie regroupe un ensemble de syndromes résultant d’une sécrétion insuffisante des hormones thyroïdiennes. On distingue deux formes d’hypothyroïdie :

  • l’hypothyroïdie primaire ou « périphérique, d’origine basse », est due à un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde elle-même ;

  • l’hypothyroïdie secondaire ou « centrale, d’origine haute », résulte d’une anomalie de l'hypothalamus et de l'hypophyse.

L’hypothyroïdie primaire touche près de 5 % de la population adulte. Sa fréquence augmente avec l’âge chez la femme alors qu’elle est stable chez l’homme. Les femmes, lors de la grossesse, dans la période qui suit l'accouchement, après la ménopause, sont particulièrement sujettes à cette forme d’hypothyroïdie. En France, une femme sur cent et un homme sur mille sont atteints par cette affection.

Symptômes de l’hypothyroïdie

État général : fatigue et difficulté à démarrer le matin, sensibilité au froid, variation du poids, rétention d’eau, peu de transpiration, hypoglycémie.
Système nerveux : dépression, migraine, irritabilité, nervosité, instabilité émotionnelle, mauvaises mémoire et concentration, insomnie, vertige, impression d’avoir le cerveau dans le brouillard, raisonnement lent.
Système sexuel et de reproduction : problèmes durant les règles, syndrome pré-règles, règles trop ou peu abondantes, fausses couches à répétition, seins fibrokystiques, perte du désir sexuel, stérilité.
Système cardio-vasculaire : palpitations, battements de coeur lents, faibles.
Système immunitaire : faiblesse immunitaire, infections récurrentes, globules blancs en nombre réduit.

Hyperthyroïdie

Dans 1’hypothyroïdie, on assiste à un ralentissement de tout l’organisme. Dans l’hyperthyroïdie, la thyroïde s’emballe, tout s’accélère. C’est la mise en surrégime de la thyroïde. Ce dysfonctionnement modifie de façon notoire l’activité de l’ensemble des métabolismes. Comme les hormones thyroïdiennes interviennent dans la régulation de pratiquement tous les organes, lorsque leur production est augmentée, toutes les fonctions sont accélérées. L’hyperthyroïdie touche essentiellement la femme entre 30 et 50 ans. La maladie se manifeste alors par un degré plus ou moins important d’hyperactivité, souvent peu productive, des troubles du caractère, une fatigue avec essoufflement lié à la diminution de la masse musculaire, un petit tremblement des extrémités et, parfois, une accélération du transit intestinal (diarrhée) avec une intolérance à la chaleur (thermophobie).

Symptômes de l’hyperthyroïdie

Au repos, le rythme cardiaque est supérieur à 90 pulsations par minute. A cette accélération du pouls s’associent parfois une augmentation de la tension artérielle et des contractions anarchiques du coeur (les extrasystoles). Ces dernières donnent une sensation désagréable au niveau de la poitrine. Ces anomalies transitoires du rythme cardiaque peuvent devenir permanentes (arythmie). Dans l’hyperthyroïdie, la tachycardie est toujours présente. Son absence devrait faire discuter ce diagnostic. Malgré une augmentation notoire de l’appétit, l’amaigrissement paradoxal est la règle. Le poids chute, parfois de plusieurs kilos en une semaine. Il s’ensuit une fatigue importante du fait que la fonte pondérale affecte particulièrement la masse musculaire et qu’une diarrhée – qui amplifie les pertes en minéraux – lui est souvent associée.

Sans traitement, l’hyperthyroïdie altère la fonction cardiaque. Le pouls devient irrégulier, le travail du cœur est inefficace. Tout effort devient pénible. Il s’accompagne d’un essoufflement croissant pour des efforts de plus en plus minimes. Cette sollicitation permanente du cœur finit par créer une insuffisance cardiaque parfois sévère. L’ensemble de ces symptômes diversement associés génère un malaise important et souvent une angoisse morale, voire un véritable état de mal-être. Les hyperthyroïdiens sont extrêmement agités ; ils ne tiennent pas en place, telles des piles électriques.

Illustration : Persomed/J. Dasic
Illustration : Persomed/J. Dasic

La maladie de Basedow

La maladie de Basedow est la forme la plus fréquente des hyperthyroïdies. C’est une maladie auto-immune qui se caractérise par une attaque « par erreur » des cellules normales de l’organisme par son propre système de défense (le système immunitaire). La maladie de Basedow associe une augmentation du volume de la glande thyroïde sous forme d’un goitre diffus, des signes d’hyperthyroïdie et des signes oculaires ; les yeux exorbités en est le signe dominant.

Diagnostic de la maladie de Basedow

Cette maladie auto-immune, qui est plus fréquente chez les fumeurs que chez les non-fumeurs, touche essentiellement des femmes à la suite d’un traumatisme psychoaffectif qu’elles ne parviennent pas à dépasser. La triade caractéristique associe hyperthyroïdie, goitre diffus et troubles oculaires (yeux qui paraissent exorbités). Ces trois éléments ne sont toutefois pas nécessairement présents. Cependant, le goitre homogène est très souvent caractérisé. Le médecin ne peut poser un diagnostic définitif d’hyperthyroïdie en se basant uniquement sur les symptômes. C’est le bilan hormonal qui confirme le diagnostic. Les analyses de sang révéleront un effondrement du taux de la TSH, qui est constante, associé à une élévation de la T3 et T4 libre. Ces deux dosages permettent de faire le diagnostic d’hyperthyroïdie dans 95 % des cas.

Caractère particulier de cette maladie

La maladie de Basedow est considérée d’origine auto-immune. Le système immunitaire de celui qui est atteint fabrique des anticorps dirigés contre ses propres tissus, en particulier contre les cellules de la thyroïde. Ces autoanticorps stimulent la synthèse et la libération d’hormones thyroïdiennes qui sont responsables de la survenue de l’hyperthyroïdie, mais aussi d’autres anomalies comme les troubles oculaires et des manifestations au niveau de la peau et des muscles. Au cours de la maladie, la glande thyroïde est à la fois l’organe de production de ces autoanticorps et l’organe cible qui est attaqué par ces derniers. C’est ainsi qu’une thyroïdectomie chirurgicale entraîne leur disparition et une guérison de la maladie.

Stratégie thérapeutique de la maladie de Basedow

L’hyperthyroïdie n’est pas une fatalité. Les malades peuvent se voir proposer différents traitements qui leur permettront de mener une vie normale, malgré quelques effets secondaires. Il existe trois méthodes pour traiter une hyperthyroïdie : la prise d’antithyroïdiens de synthèse, l’absorption d’iode radioactif 131 et la chirurgie.

Le goitre

Le terme de goitre définit une augmentation du volume de la thyroïde, qui peut affecter l’ensemble de l’organe : on parle alors de goitre diffus. Elle peut aussi uniquement intéresser des zones limitées de la glande : on parle alors de goitre nodulaire. Plus le volume de la glande thyroïde augmente, plus elle devient visible. Elle peut devenir énorme.

Des causes diverses

Le goitre est le reflet de la présence de nouvelles cellules en trop grand nombre au niveau de la glande thyroïde. Cette multiplication cellulaire trop abondante est due à une sécrétion accrue de la TSH. Les causes en sont multiples et variées. Le manque d’iode en est sans aucun doute la cause principale. Lorsque les apports alimentaires en iode sont insuffisants pour couvrir les besoins de l’organisme, ce dernier réagit en stimulant la formation de nouveaux follicules par le biais de la TSH. La consommation régulière de végétaux dits « goitrigènes », autrement dit qui interfère avec les hormones thyroïdiennes, tels que le manioc, les patates douces ou le sorgho, peut aggraver la carence en iode et ainsi entraîner la survenue d’un goitre. En effet, ces aliments contiennent des composés, qui empêchent la fixation de l’iode au sein de la glande thyroïde.

Répercussions sur l’organisme

Le goitre « simple » correspond à une augmentation isolée du volume de la glande sans anomalie de sa fonction : la sécrétion des hormones thyroïdiennes reste normale. Par contre, le goitre peut également être associé à un dérèglement de la glande thyroïde et s’accompagner d’une hyperthyroïdie ou d’une hypothyroïdie. Il peut aussi se compliquer, à un moment donné de son évolution, et se conjuguer à un fonctionnement anormal de la glande. Souvent, il s’agit alors d’un ancien goitre simple, devenu « toxique ». Enfin, le goitre peut aussi être le signe révélateur d’une thyroïdite. Dans ce cas, des anticorps antithyroïdiens sont souvent retrouvés en concentrations élevées.

Les nodules

Un nodule thyroïdien se définit comme une tuméfaction localisée au sein de la glande thyroïde. Si les nodules sont volumineux, ils peuvent être visibles et palpables. Ces nodules sont fréquents, puisque 5 à 10 % de la population adulte en est affectée, et leur fréquence augmente avec l’âge. Ainsi, si on réalisait une échographie de la glande thyroïde chez toutes les femmes de plus de 50 ans, on découvrirait des nodules chez plus de la moitié d’entre elles.

Qu’est-ce qu’un nodule ?

Il convient d’emblée de faire la distinction entre deux grandes entités de nodules : les nodules chauds, qui ne sont quasiment jamais cancéreux mais peuvent provoquer des hyperthyroïdies, et les nodules froids, qui risquent d’être malins dans un faible pourcentage de cas.

Examens exploratoires

Pour étudier la nature d’un nodule, le médecin peut faire appel à trois examens :
L’échographie, souvent réalisée en premier lieu, donne des renseignements précieux sur le nombre de nodules, leur taille et leur aspect général.
La scintigraphie permet précisément de distinguer un nodule « froid » d’un nodule « chaud ». Lors de cet examen, une quantité minime de matière radioactive est administrée, puis absorbée par la glande thyroïde. Des instruments détectent cette radioactivité et l’enregistrent sur une pellicule, qui montre la répartition de la radioactivité au sein de la thyroïde. Des nodules thyroïdiens peuvent apparaître comme des zones d’activité réduite – on parle de nodules « froids » – ou des zones d’activité intense – on parle de nodules « chauds ».
La cytoponction, directe ou guidée par échographie, est le seul examen qui permet de confirmer la nature non dangereuse d’un nodule, L’examen est réalisé sous anesthésie locale. Pour la biopsie la plus courante, le médecin utilise une aiguille à extrémité très fine pour prélever des échantillons de cellules thyroïdiennes sur plusieurs parties du nodule.

Nodule froid ou chaud

Les nodules chauds représentent environ 10 % de l’ensemble des nodules. Un nodule est dit chaud lorsqu’il fixe l’iode plus intensément que le tissu thyroïdien voisin. Il n’est presque jamais cancéreux. Par contre, le nodule chaud, en sécrétant une quantité excessive d’hormones thyroïdiennes, peut être responsable d’une hyperthyroïdie. Les nodules froids sont de loin les plus fréquents. Ils doivent être surveillés attentivement car 5 à 10 % d’entre eux sont cancéreux ou peuvent le devenir.

Comment traiter les nodules ?

Les nodules bénins, ne causant pas de symptômes, ne nécessitent aucun traitement. Il faut néanmoins se soumettre à des visites régulières chez le médecin, qui suivra l’évolution du nodule.

TRAITEMENT NATUREL DE L’HYPOTHYROÏDIE Levothyrox : Thyroxine ou T4 (Levothyroxine) T4 : tétraiodothyronine : peu active, doit être convertie en T3 active (nécessite des cofacteurs – un ensemble de nutriments – d’où Levothyrox peu actif).

Compléments alimentaires L. Tyrosine : acide aminé indispensable
Iode : 150 à 200 ?g/jour Vitamines du groupe B (B2, B3, B6, B9, B12)

Oligo-éléments • Sélénium • Zinc : assure conversion T4 en T3 • Magnésium • Fer • Molybdène • Huiles essentielles - Hypothyroïdie : clou de girofle, myrte vert - Hyperthyroïdie : myrrhe, cumin des prés, marjolaine des jardins • Algues • Gemmothérapie : Betula pubescens • Homéopathie : Graphites 5 CH + Thyroidea 5 CH • Thyregul (Labo Phyt’Inov)

Dr Jean-Pierre Willem

Basé sur l'article de :
Dr Jean-Pierre Willem

Paru dans Mutuelle & Santé n° 69

Télécharger l'article original au format pdf

Haut de page