Maladies cardio-vasculaires et phytothérapie

Une présentation des maladies cardiovasculaires et comment les prévenir.

La mortalité cardio-vasculaire est la seconde cause de décès entre 45 et 64 ans après le cancer (représentant 20% des causes de mortalité chez l’homme et 16% chez la femme) ; c’est la première cause de décès entre 65 et 84 ans (représentant 35% des causes de mortalité chez l’homme et 40% chez la femme)

L’origine des maladies cardiovasculaires est avant tout liée à des habitudes alimentaires inadéquates. La médecine nutritionnelle, en corrigeant ces troubles alimentaires et en apportant des substances nutritionnelles essentielles, tient un rôle prépondérant dans le traitement des maladies cardio-vasculaires. L’athérosclérose, l’insuffisance cardiaque , l’accident vasculaire cérébral et l’arythmie sont les pathologies où le traitement nutritionnel s’avère efficace, seul ou en association avec un traitement conventionnel.

L’athérosclérose

L’athérosclérose est une maladie qui représente la première cause de mortalité dans les pays occidentaux.

Le mot athérosclérose associe l’athérome et la sclérose. Elle se manifeste de manière localisée, en foyers, dans la paroi des artères de gros et moyen calibre.

  • L’athérome est la partie molle, très riche en lipides, située au centre de la plaque.

  • La sclérose (du grec skleros : dur) est la partie fibreuse qui forme le pourtour de la plaque. elle provoque l’épaississement et le durcissement progressif de la paroi élastique des artères.

C’est un processus lent, complexe, qui fait intervenir de nombreux facteurs de risque génétiques et environnementaux. Ils agissent souvent ensemble, et favorisent l'apparition de lésions au niveau de la paroi des artères. Entre la lésion initiale, microscopique, et la formation d’une plaque d’athérome, voire le moment où l'artère est complètement bouchée, il se passe un certain nombre d’années où le patient reste asymptomatique.

Plusieurs facteurs à l’origine de l’athérosclérose ont été mis en évidence :

L’augmentation de la quantité d'homocystéine dans le sang est appelée hyperhomocystéinémie. Les sujets hyperhomocystéinémiques ont été estimés à 30% dans la population globale de patients ayant présenté des accidents thrombo-emboliques, cérébraux ou cardiaques.

L'une des conséquences de l'athérosclérose est l'atteinte coronarienne, qui peut se manifester de deux façons :

L’infarctus du myocarde

Une crise cardiaque (infarctus du myocarde) survient lorsqu'une artère coronaire se bouche (en langage médical, on parle d'occlusion thrombotique). Cela se produit parce qu'une plaque d’athérome se déchire brutalement, et perturbe la circulation sang. Cette perturbation provoque la formation d'une petit morceau de sang solidifié (un caillot), qui va boucher l'artère. Les cellules d'une partie du muscle cardiaque ne sont alors plus alimentées en sang. Elles ne reçoivent plus l'oxygène que celui-ci apporte : elles meurent (on parle de nécrose), c'est l'infarctus.

On dénombre environ 100 000 nouveaux cas par an en France ; il s’agit d’un homme dans deux tiers des cas. L’infarctus est révélateur de la maladie coronarienne dans 40% des cas.

Illustration : Persomed/J. Dasic
Illustration : Persomed/J. Dasic

Symptômes de l'infarctus et examens

L’infarctus du myocarde se manifeste par une douleur, qui serre à l'intérieur du thorax, derrière le sternum (douleur constrictive rétrosternale) et qui s'étend éventuellement jusqu'à la mâchoire, aux bras, entre les épaules. La douleur est prolongée (plus de 20 min), intense, résistante à la trinitrine, angoissante. Elle s’accompagne de signes généraux (transpiration, lipothymie, nausées).

A l’examen, le pouls peut être filant, la tension artérielle est variable. Il peut y avoir des troubles du rythme.

Les formes atypiques sont fréquentes : formes pseudo-digestives (par exemple des douleurs dans la région de l'estomac), formes indolores, silencieuses (20% des infarctus).

L’électrocardiogramme permet de confirmer le diagnostic. Il confirme la nécrose, son étendue, les éventuels troubles du rythme et de conduction associés. Au niveau des analyses de sang, on retrouve une augmentation de la créatine kinase (CPK) et des transaminases.

L’accident vasculaire cérébral

C’est une perte soudaine des fonctions du cerveau. Elles est due à un vaisseau sanguin cérébral qui se bouche, ou à une hémorragie dans le cerveau.

Illustration : Persomed/J. Dasic
Illustration : Persomed/J. Dasic

Dans 80% des cas, il s’agit d’accidents ischémiques, appelés également infarctus cérébraux ou ramollissement cérébral. Ils sont dus au fait qu'une artère se bouche (occlusion), à cause d'un caillot. Celui-ci peut se former sur des plaques d'athérome dans les vaisseaux sanguins du cerveeau, ou provenir du coeur (le caillot se détache et génère une embolie.)

Dans 20% des cas, il s’agit d’accidents hémorragiques. Les causes sont l’hypertension artérielle, une tumeur, un traumatisme, des anomalies des vaisseaux (anévrisme) ou des situations particulières (traitement anticoagulant, alcoolisme, trouble de la coagulation du sang, absorption importante d’aspirine, alimentation grasse, absence d’oméga 3 EPA (huiles de poisson)).

On observe 150 000 nouveaux cas par an en France, avec une diminution de 50% depuis quelques décennies, du fait des mesures de prévention des facteurs de risque. L’âge moyen de survenue se situe aux environ de 70 ans, mais 10% des cas (soit 10 000 à 15 000 par an) surviennent avant 45 ans, avec une légère prédominance masculine.

Dans les accidents ischémiques, le début est brutal ou progressif avec des troubles neurologiques nets : paralysie de la moitié du corps (hémiplégie), disparition de la parole (aphasie) ou encore disparition de la vue dans la moitié d’un champ visuel (hémianopsie latérale homonyme).

Dans les accidents hémorragiques, les signes apparaissent le plus souvent progressivement, parfois précédés de maux de tête (céphalées) ou de vomissements ; les troubles sont souvent sévères avec un coma et une aggravation progressive.

Les examens pour diagnostiquer l'AVC

  • Le scanner ou l’IRM permettent le diagnostic.

  • Dans le cas d’une hémorragie chez une personne jeune, l’angiographie est indiquée, à la recherche d’une malformation des vaisseaux (anévrismes) qu'il est possible d'opérer.

  • Les examens sanguins sont essentiels pour déterminer le terrain. - La vitesse de sédimentation signale la présence d'une inflammation. - Le dosage CRP utrasensible est le facteur prédictif de risque cardio-vasculaire le plus pointu. - L’état inflammatoire mobilise tous les globules blancs et exalte l’ensemble des fonctions du système immunitaire. Il est impératif « d’éteindre ce feu ».

La phytothérapie

Les plantes vasodilatatrices dont l’action se fait directement sur la paroi des vaisseaux sanguins, sous le contrôle du système nerveux autonome, du système hormonal et métabolique.

Les plus efficaces sont : l’olivier, le gui, l’ail, le rauwolfia (réserpine).

Les autres sont : l’aubépine, l’oignon, la petite pervenche, la grande berce (semence) et le céleri.

Les plantes fluidifiantes favorisent la circulation sanguine, préviennent les risques de thromboses et assure une meilleure capillarité du sang : le mélilot, l’ail et l’aubépine.

À ces plantes majeures, il est intéressant d’en associer d’autres d’action plus spécifique.

  • Action sur la coagulation sanguine

  • Le mélilot : par son action anti-vitamine K, améliore la fluidité sanguine. Il doit être arrêté avant les règles.

  • L’aspérule odorante : comme le mélilot, contient des dérivés coumariniques. Son action est surtout sédative.
  • Le cornouiller : prévient les risques de thrombose.
  • La mélitte : plante à coumarine.

  • Action sur l’inflammation

  • Le cassis : augmente la résistance capillaire ; anti-inflammatoire.

  • L’aulne : prévient la thrombose.
  • Le ginkgo biloba : dont les caractéristiques agissent sur trois niveaux : l’oxygénation cellulaire, la fluidité sanguine et la protection vasculaire.

Gemmothérapie

La gemmothérapie est une branche de la phytothérapie qui utilise des tissus embryonnaires de végétaux (jeunes pousses, bourgeons, radicelles).

  • L’aubépine (anti-arythmique, séquelles d’infarctus).
  • L’ail des ours : évite les dépôts de cholestérol, régule la tension artérielle.
  • Le lilas empêche l’obstruction des coronaires, évite les pontages.
  • Le cornouiller sanguin : draine le coeur et les artères.
  • Le maïs, anti-inflammatoire artériel.
  • L’aulne évite la thrombose et la phlébite.

Hygiène alimentaire

La prise en charge est d’abord diététique suivant les principes du régime crétois. Actuellement, seule une modification du régime a permis une réduction de la mortalité cardio-vasculaire. Pensez, en particulier, à consommer de l’huile de colza ou, mieux de l’huile de lin ou de l’huile de chanvre, une cuillère à soupe sur les crudités.

Supplémentations alimentaires

Des suppléments en magnésium préviennent le développement de l’athérosclérose par inhibition de l’accumulation de lipides dans la paroi aortique. Plusieurs corrélations ont été observées entre une consommation riche en magnésium et un faible taux de mortalité cardio-vasculaire.

A la dose de 100 mg/j pendant 4 semaines, la prise de coenzyme Q10 a permis d’améliorer au cours du test d’effort la durée de l’exercice physique, de retarder les signes d’ischémie myocardique à l’électrocardiogramme et l’apparition des symptômes de l’angine de poitrine. Lors de la supplémentation en coenzyme Q10, l’utilisation journalière de trinitrine a été réduite et la fréquence des crise d’angor a été diminuée.

La L-carnitine est un dérivé d’acide aminé essentiel synthétisé dans l’organisme à partir de deux acides aminés essentiels : la lysine et la méthionine. Ce composé physiologique améliore la production d’énergie au niveau du myocarde. La carence en L-carnitine myocardique apparaît pendant l’ischémie, l’infarctus du myocarde aigu et l’arrêt cardiaque.

Basé sur l'article de :
Dr Jean-Pierre Willem

Paru dans Mutuelle & Santé n° 62

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