Presbytie : des solutions pour tous

La presbytie est le résultat d'une fatigue de l'organe oculaire plus communément appelé oeil. Elle se traduit par une vision floue de près associée à d’autres troubles de la vision comme la myopie, l'hypermétropie ou encore l'astigmatisme. Il existe plusieurs solutions, entre lunettes et lentilles, pour corriger et améliorer la vision.

Les premiers signes de la presbytie sont toujours les mêmes, on peine à déchiffrer un texte, on allonge de plus en plus les bras pour lire le journal. Ce n’est pas un drame, juste une fatalité : le poids des ans seul en est la cause. Que faire ? Essayons d’y voir plus clair, c’est le cas ici de le dire…

Nous finissons tous par voir difficilement de près. Les raisons en sont simples. L’œil est un organe et, à ce titre, il vieillit et s’use normalement. Au début de la vie, le cristallin est souple. Il permet, comme le zoom d’un appareil photo, de faire des mises au point très nettes et à toutes les distances. On appelle cela « l’accommodation ». Au fil des années, le cristallin commence à perdre en souplesse et en élasticité, mais c’est à partir de la quarantaine (il n’y a pas de vérité précise en ce domaine et ce peut être quelques années plus tard) que l’accommodation devient plus difficile et perd en précision. On visualise moins bien d’abord les objets les plus proches. Ce phénomène classique apparaît souvent plus tôt chez les hypermétropes et un peu plus tard chez les myopes, mais tout le monde est concerné. A un moment ou à un autre. Les hommes comme les femmes.

Avantages comparés des opérations de chirurgie bariatrique les plus courantes.  Illustration : Persomed/J. Dasic
Problèmes de vue : exemples courants. Illustration ©Persomed/J. Dasic

Quand les premiers signes se manifestent…

Lorsque l’on commence à ressentir le besoin d’allonger les bras pour lire, que l’on écarquille les yeux et que l’on opère un léger recul pour voir quelque chose de près, quand on force sa vue au risque d’avoir mal à la tête, que les yeux piquent… on peut alors dire que la presbytie s’installe. Il est temps de consulter un médecin ophtalmologiste pour éviter des efforts inutiles et de plus en plus pénibles : un examen des yeux permettra de déterminer le degré d’altération de la vue et la correction nécessaire. Les visites « chez l’ophtalmo » vont devenir un pèlerinage régulier, tous les ans, tous les deux ou trois ans au mieux, jusqu’à ce que la presbytie se stabilise mais seulement, en général, vers le milieu de la soixantaine.

Jusqu’à cet âge donc, elle a tendance à s’accentuer progressivement, sans à-coups majeurs, ce qui nécessite un changement d’équipement optique environ tous les deux à trois ans. Faire un point régulier avec le spécialiste permet en outre de dépister d’autres problèmes oculaires éventuels : tension anormale, sécheresse oculaire, début de cataracte, de glaucome, diabète

Les verres progressifs

En matière de presbytie, on a le choix entre lunettes et lentilles de contact. Les lunettes à verres progressifs représentent les équipements les plus courants. Les verres progressifs sont en effet la solution la plus simple et incontestablement la plus efficace. Ils permettent de voir net à toutes les distances, car leur puissance optique varie de façon progressive entre la partie supérieure du verre, réservée à la vision de loin, et la partie inférieure, destinée à la vision de près. Les verres progressifs ne cessent de s’améliorer, et ils s’adaptent de mieux en mieux aux particularités de comportement dans la vision de près, même si, pour la lecture ou des travaux de précision, ils ne peuvent toujours pas rivaliser avec les lunettes spécialisées (demi-lunes ou autres) dans la vision de près. La recherche aujourd’hui permet d’aboutir à des verres progressifs de plus en plus adaptés à la diversité des types de presbytie, tout en étant également capables de corriger d’autres troubles visuels. S’ils nécessitent souvent un petit temps d’adaptation, leur confort et leurs performances sont incontestables.

Les verres unifocaux

Ces verres (également appelés « simple foyer ») ont la même puissance sur toute leur surface. Ils sont la solution pour les personnes qui ne s’adaptent pas aux verres progressifs ou qui ne souffrent que d’une légère presbytie. Ce type de verres ne corrige que la vision de près et ne s’adresse en quelque sorte qu’aux presbytes « débutants », qui ne portent leurs lunettes que de façon occasionnelle. Et qui les enlèvent pour voir de loin car, avec les verres unifocaux, la vision n’est pas bonne au-delà de quelques dizaines de centimètres.

On peut, à ce stade de l’« infirmité », se contenter de lunettes « demi-lunes », dont les verres sont réduits de moitié, qui corrigent la vision lorsque l’on regarde vers le bas et qui ne gênent pas la vision de loin lorsque l’on relève les yeux, pour voir par-dessus les lunettes.

Notons que les demi-lunes ne corrigent que la presbytie et ne sont pas adaptées si vous avez d’autres troubles de la vue.

Les verres bifocaux

Egalement appelés verres à double foyer, ils sont de moins en moins utilisés ; ils se composent de deux parties : l’une permet de voir de près et l’autre de loin. Ils se portent en permanence. Toutefois, ils n’offrent qu’une vision intermédiaire assez peu satisfaisante. En sus, ils sont très inesthétiques et, de ce fait, de plus en plus délaissés.

Les lentilles de contact

Un certain nombre de porteurs de lunettes « potentiels » n’ont pas envie de ce type d’équipement et « fuient » cet accessoire autant que faire se peut… Considération esthétique avant tout mais pourquoi pas ? En effet, il existe désormais des lentilles pour presbytes.

Longtemps approximatives, elles sont aujourd’hui performantes et offrent une excellente façon de se passer de lunettes ! Mais le choix des lentilles reste encore très minoritaire, même s’il est appelé à se développer : 150 000 presbytes seulement, pour l’heure, sur environ 22 millions de sujets atteints en ont fait le choix.

Les lentilles multifocales

Appelées lentilles progressives, elles représentent la solution idéale : copiées sur les verres du même nom, elles permettent de voir quelle que soit la distance et conviennent à tout le monde, que l’on ait eu une vue parfaite avant la presbytie ou que l’on soit, en plus, myope ou hypermétrope. Toutefois, il faut un temps d’adaptation, de l’ordre d’un mois environ, et ce sont des lentilles souples jetables. Elles restent d’un coût élevé, et il faut compter de 75 à 120 € chez l’ophtalmo pour le forfait adaptation. Il convient d’y ajouter le coût des verres de contact et les produits d’entretien. La Sécurité sociale n’intervient pas sur ce type de prestations, et c’est donc votre mutuelle qui vous proposera une prestation dans le cadre des garanties prévues dans votre contrat.

Les lentilles rigides à double foyer

Elles sont plus anciennes et moins agréables à utiliser mais en constants progrès. Comme les verres du même nom, elles sont divisées en deux parties : l’une pour voir de près et l’autre pour voir de loin. Elles permettent de corriger tous les défauts visuels associés à la presbytie et notamment les plus complexes.

ETRE ASTIGMATE

L’œil astigmate présente une anomalie de courbure de la cornée qui revêt une forme ovale au lieu d’être ronde. Dans ce cas, les rayons lumineux qui arrivent à l’œil se focalisent en des points différents en arrière et en avant de la rétine, ce qui provoque une déformation de l’image.

La vision s’en trouve imprécise à toutes les distances, avec allongement des lignes verticales et horizontales, et la confusion de lecture de lettres telles que H, M, N et de chiffres comme 8 et 0.

En cas de myopie, par exemple, le fait d’être également astigmate accroît le trouble oculaire. Cela se corrige par un équipement optique adapté, verres spécifiques, lentilles de contact et même chirurgie au laser, selon le degré.

Les lentilles à simple foyer

Elles utilisent le système de bascule. On porte une correction différente sur chaque œil, dont l’une pour voir de près. Elles sont de moins en moins prescrites car elles ne donnent pas entière satisfaction. Et elles sont peu commodes à l’usage.

Lentilles + lunettes

Les lentilles permettent-elles l’économie d’une paire de lunettes ? Pas absolument. En effet, à la moindre sensation anormale telle qu’œil rouge, vision floue, conjonctivite, irritation, il faut ôter les verres de contact et les remplacer, au moins momentanément, par des verres classiques. En insistant, vous pouvez laisser s’installer des complications sévères. En tout état de cause, mieux vaut toujours conserver près de soi une paire de lunettes, au moins de secours. Vous les apprécierez aussi le soir chez vous, après avoir enlevé les lentilles pour laisser reposer vos yeux. N’oubliez pas, au moment d’envisager un achat optique, de vous faire faire un devis et de consulter votre mutuelle pour connaître à la fois le montant de votre remboursement et celui restant à votre charge.

LA CHIRURGIE

Si l’opération de la myopie au laser continue de se développer (lentement mais sûrement), la chirurgie de la presbytie – également au laser – n’en est qu’à ses débuts, et elle ne donne toujours pas entière satisfaction. En effet, cette technique chirurgicale nécessite actuellement d’être renouvelée tous les deux ans jusqu’à 65 ans, âge où la presbytie tend à se stabiliser.

C’est donc une chirurgie de confort contraignante, coûteuse et encore perfectible.

Paru dans Mutuelle & Santé n° 73

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