Les inégalités face au cancer

Selon l’appartenance géographique, le sexe des individus et le type de cancer, les risques de mourir de cette maladie varient considérablement

Selon l’appartenance géographique, le sexe des individus et le type de cancer, les risques de mourir de cette maladie varient considérablement

Chaque année, 150 000 personnes meurent des suites d’un cancer en France même si, grâce aux efforts de prévention, aux diagnostics plus précoces et aux nouveaux traitements, le risque de décéder diminue sur l’ensemble du territoire. Cette diminution masque en fait une amélioration progressive de l’espérance de vie des personnes atteintes de cancer. L’augmentation des décès en valeur absolue, lié, lui, à l’accroissement de la population en trente-cinq ans, s’explique surtout par le vieillissement de la population.

Une étude très complète met en évidence les inégalités entre Français quant au risque de décès. Les raisons de ces inégalités tiennent essentiellement aux conditions socio-économiques, aux habitudes alimentaires et aux facteurs de risque, comme fumer et boire.

La géographie

Globalement, le Nord-Est et le Nord-Ouest sont les zones où l’on décède le plus par cancer. Le Sud-Ouest, le grand Centre et le pourtour du bassin méditerranéen sont en revanche plus épargnés. L’étude montre qu’à un ensemble nord-ouest caractérisé par des taux de mortalité élevés pour les cancers de l’appareil digestif s’oppose un ensemble nord-est marqué, lui, par des taux élevés pour les décès par cancers de l’appareil respiratoire et de la vessie. Autre constat : les habitants des grandes villes, en particulier de Paris, meurent moins du cancer que ceux des banlieues ou des campagnes.

Le sexe

Le taux de mortalité par cancer est de 371,7 pour 100 000 chez les hommes et de 169,9 pour 100 000 chez les femmes. La progression du nombre de décès par cancers touchant les femmes (près de 60 000 en 2004 contre 50 000 en 1970) est assez lente mais régulière. Aujourd’hui, 25 % des femmes meurent d’un cancer contre 35 % des hommes (90 000). Même si les écarts homme/femme tendent à se réduire, les hommes connaissent des morts plus précoces que les femmes en raison de leur propension à boire et fumer, de leur exposition à des risques professionnels et d’une moindre prévention. Autre différence : les hommes sont six fois plus nombreux que les femmes à mourir de cancer de la bouche, cinq fois plus nombreux pour celui de l’oesophage, quatre fois plus pour le poumon.

Le type de cancer

Les cancers qui tuent le plus
Les cancers qui tuent le plus

Le cancer du poumon tue chaque année 21 000 hommes et 5 000 femmes. Depuis 1995, le taux de mortalité baisse chez les hommes alors qu’il progresse chez les femmes. La cause ? Elles sont de plus en plus nombreuses à fumer.

Le cancer du colon est responsable du décès de 8 600 hommes et 7 600 femmes. Mais, en raison des traitements, on en meurt plus âgé.

Le cancer du foie constitue une spécificité française : on décède davantage de cette affection que dans les autres pays européens (7 000 morts par an). Le nombre de femmes touchées augmente plus vite que celui des hommes.

Les cancers du sang (hémopathie, lymphoïde) connaissent une légère décroissance après une forte progression jusqu’en 2000. Enfin, les décès par cancers de la bouche, du larynx et du pharynx, qui étaient typiquement masculins, touchent tout autant les femmes désormais en raison du tabagisme féminin qui tend à rejoindre celui des hommes.

Article original de :
M. Patrick Coquidé

Paru dans Mutuelle & Santé n° 61

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